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Un signal d’alarme pour l’indépendance numérique

Dans quelle mesure nos données sont-elles vraiment indépendantes ? Le débat actuel sur les services cloud soulève des questions qui concernent toutes les organisations, autorités et entreprises. Il vaut la peine de se pencher sur la souveraineté numérique, aujourd’hui plus que jamais.

Un signal d’alarme pour l’indépendance numérique

La dépendance vis-à-vis des grands fournisseurs de cloud américains comme Microsoft, Google ou AWS n’est depuis longtemps plus un simple sujet informatique. Elle concerne directement le contrôle des données sensibles au sein des autorités, des entreprises et des organisations. Un exemple particulièrement actuel : Le chef de l’armée Thomas Süssli a publiquement exprimé ses inquiétudes, car une grande partie des données internes et secrètes de l’armée suisse devrait bientôt transiter par des services cloud américains. Il ne s’agit pas seulement de coûts de licence ou de confort. Il s’agit de savoir qui a accès à ses propres données – et dans quelles conditions. Des experts avertissent qu’il s’agit d’un risque de sécurité considérable – des informations sensibles pourraient théoriquement être consultées par des autorités étrangères, même si elles sont physiquement stockées en Suisse.

Les bases juridiques : CLOUD Act, FISA & Executive Orders

Des lois américaines comme le CLOUD Act, FISA Section 702 et Executive Order 12333 permettent aux autorités américaines d’accéder aux données d’entreprises comme Microsoft, Google ou AWS.

  • CLOUD Act: Force les entreprises américaines à remettre des données.
  • FISA Section 702: Permet de surveiller des non-ressortissant·e·s des États-Unis sans décision de justice.
  • Executive Order 12333: Autorise une vaste surveillance à l’étranger sans contrôle judiciaire.

Même les données qui se trouvent physiquement par exemple en Suisse peuvent ainsi être consultées par les autorités américaines. Pour les informations sensibles des autorités, des ONG ou des entreprises, il s’agit d’un risque sérieux. Quiconque se livre à cette dépendance met en péril le contrôle, la protection des données et la sécurité.

Il existe des alternatives

Heureusement, il existe des voies praticables pour sortir de cette dépendance. De nombreuses solutions européennes et open source sont désormais suffisamment mûres pour un usage pratique et offrent désormais des fonctionnalités et une sécurité au même niveau que les fournisseurs américains :

  • Nextcloud – Open source pour les fichiers, la collaboration et la communication ; sur des serveurs propres ou européens.
  • OpenDesk – Suite bureautique et collaborative open source pour les autorités et les ONG.
  • LibreOffice – Suite Office locale, compatible avec les fichiers Microsoft.
  • Proton – E-mail, calendrier et cloud avec chiffrement de bout en bout ; protection élevée des données.
  • Infomaniak – Fournisseur cloud suisse pour le stockage, l’e-mail et la collaboration ; les données restent en Suisse.

Ces options montrent : la souveraineté numérique est réalisable – même pour les organisations ayant des données particulièrement sensibles.

Le coût de la dépendance

Le passage à des solutions indépendantes ne va pas de soi. Il exige des investissements, des formations et des décisions stratégiques. À long terme, les avantages l’emportent toutefois :

  • Protection contre l’accès non contrôlé aux données
  • Éviter l’augmentation des frais de licence
  • Plus de flexibilité pour sa propre infrastructure informatique

De nombreux pays et institutions européens montrent déjà qu’un passage à des solutions cloud open source ou hébergées localement est possible et avantageux.

Des pays comme le Danemark, des autorités fédérales autrichiennes ou certains Länder allemands montrent déjà qu’un passage à des solutions open source et hébergées localement est possible.

Conclusion : agir maintenant

Le débat actuel devrait être compris comme une opportunité – une opportunité de façonner soi-même l’avenir numérique et de reprendre le contrôle de ses propres données. Les organisations de tout type devraient examiner comment elles peuvent utiliser des solutions indépendantes afin de garantir à long terme le contrôle, la sécurité et la flexibilité.

Un signal d’alarme pour l’indépendance numérique