Des perspectives plutôt que No future !
Les élections européennes de 2024 ont fait sensation : les partis d’extrême droite ont progressé dans toute l’Europe, laissant beaucoup de personnes désemparées. En Suisse aussi, on ressent la polarisation croissante & la résignation.
de Meret Schneider
Les élections européennes ont laissé les professionnel·le·s des médias comme la population quelque peu désemparés : certes, les sondages et les enquêtes annonçaient déjà à l’avance le virage à droite et la polarisation croissante de l’humeur sociale, mais lorsque des partis officiellement d’extrême droite comme l’AFD progressent à ce point et que des positions d’extrême droite deviennent socialement acceptables dans toute l’Europe, cela laisse sans voix. D’où cela vient-il ? La résignation des personnes engagées ou la revanche des déçu·e·s ? Des questions auxquelles nous devons aussi nous attaquer en Suisse.
Même si nous payons notre pain en francs plutôt qu’en euros et qu’en Suisse nous aimons nous montrer peu impressionnés par les événements qui se déroulent dans l’espace européen : les élections européennes et le basculement vers les partis d’extrême droite ainsi que la polarisation du débat ont ici aussi traversé la moelle et les os. La campagne électorale a été marquée par des provocations ciblées, peu de débat de fond et une polarisation du discours qui se répercute de plus en plus aussi en Suisse.
L’avancée à l’échelle européenne de partis qui reposent sur des bases peu démocratiques, ainsi que la diminution de la volonté de discuter de positions de fond au lieu de reprendre sans les questionner des slogans populistes de parti, donnent matière à inquiétude. En Suisse aussi, on peut observer cette humeur de fond oscillant entre indignation momentanément ravivée et large résignation quant à la manière de façonner notre avenir. Après un élan de départ Yes-we-Can concernant la gestion du changement climatique en 2019, ce n’est pas la Great Regression qui suit aujourd’hui face aux crises multiples et au sentiment d’absence d’efficacité personnelle, mais la Great Resignation.
Mais d’où vient cette humeur sociale et comment y répondre de manière constructive ? Une étude tout récente, publiée en juin 2024 par la Konrad Adenauer Stiftung sur le comportement électoral et l’état d’esprit en Allemagne, apporte aussi des éclairages pour la recherche des causes et l’évaluation du statu quo en Suisse — certes, un cervelas n’est pas une currywurst, mais nous ne sommes pas si éloignés les uns des autres, nous et les Allemands.
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Notre autrice
Meret Schneider est linguiste, spécialiste en communication et en sciences de l’environnement, et travaille comme cheffe de projet pour le Kampagnenforum. Auparavant, elle a été conseillère nationale du canton de Zurich, a co-initié l’initiative contre l’élevage intensif en tant que co-directrice d’une NPO, a accompagné la campagne et a travaillé dans différents domaines de la pratique agricole. Aujourd’hui, elle est en outre journaliste indépendante et écrit des chroniques hebdomadaires pour Moneycab ainsi que des contributions invitées pour Nau.ch.
Meret Schneider