NPOs et travail de plaidoyer
Lors de la session d'hiver de cette année, une motion, que le Conseil des États avait soutenue lors de la session d'été, a été rejetée par le Conseil national. Le motionnaire souhaitait que l'exonération fiscale pour cause d'utilité publique soit réexaminée en cas d'activité politique. Dans son argumentation, il a avancé

Lors de la session d'hiver de cette année, une motion, soutenue par le Conseil des États lors de la session d'été, a été rejetée par le Conseil national. L'auteur de la motion souhaitait que l'exonération fiscale pour cause d'utilité publique soit réexaminée en cas d'activité politique. Dans son argumentation, il a mis en avant l'engagement des Églises et des OBNL qui se sont exprimées publiquement, par exemple, sur la loi sur la chasse ou l'initiative pour des multinationales responsables.
À mes yeux, une tentative a donc été faite de pénaliser les institutions qui s'opposent à une position politique ou adoptent un point de vue différent. On a tenté d'empêcher les OBNL de s'exprimer publiquement sur des affaires politiques. Concernant la motion mentionnée, il est également surprenant qu'une exonération fiscale soit régie par les cantons. Et le Conseil des États, c'est-à-dire les représentants des cantons, a donné son accord, outrepassant ainsi en fait les compétences des cantons.
Surtout à l'heure actuelle, où le populisme gagne du terrain de part et d'autre, précisément à un tel moment, les OBNL doivent montrer une position claire. Elles doivent montrer où la politique, par exemple, ne travaille plus avec diligence en matière de droits humains, etc.
C'est pourquoi je suis personnellement fermement convaincu que les OBNL doivent en tout cas s'exprimer publiquement, et surtout qu'elles doivent se faire mieux entendre auprès des communes, des cantons et de la Confédération. C'est-à-dire : défendre avec force les intérêts que l'on représente. Or, les OBNL n'y sont souvent pas habituées. Souvent, elles ne savent pas non plus comment aborder les politiciennes et les politiciens, comment entrer en contact avec les administrations ou comment se faire remarquer. C'est pourtant essentiel. Où en serait l'égalité aujourd'hui si, par exemple, les associations de femmes ne s'étaient pas engagées pour elle ? Où serait la protection de l'enfance si l'on n'avait pas dénoncé les abus ? Où la protection des animaux... La liste est longue.
C'est pourquoi il est toujours essentiel que les OBNL défendent leurs intérêts, s'engagent, agissent, fassent du lobbying. Et parce que nous l'avons compris, nous offrons également un soutien ici. La nouvelle offre Plaidoyer de campagne soutient et conseille.
Rosmarie Quadranti, femme politique et consultante
Les auteur·rice·s du blog expriment leur propre opinion.