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Les OBNL et le travail de plaidoyer

Le droit à la liberté d’expression pour toutes et tous, sauf pour les NPOs ? Rosmarie Quadranti explique pourquoi, au contraire, le travail politique des NPOs est d’une importance centrale.

Les OBNL et le travail de plaidoyer

Rosmarie Quadranti, recruteuse chez Kampahire, responsable de l’advocacy chez Kampagnenforum, politicienne et conseillère pour les organisations d’utilité publique, sur l’importance du travail politique des NPOs

Lors de la session d’hiver de cette année, une motion que le Conseil des États avait soutenue lors de la session d’été a été rejetée par le Conseil national. L’auteur de la motion voulait que l’exonération fiscale pour cause d’utilité publique soit examinée en cas d’activité politique. Dans son argumentation, il a invoqué l’engagement des Églises et des NPOs, qui se sont par exemple exprimées publiquement au sujet de la loi sur la chasse ou de l’initiative pour des multinationales responsables.

À mes yeux, il s’agissait donc de tenter de punir des institutions qui s’opposent à une position politique, respectivement qui défendent un autre point de vue. On a tenté d’empêcher les NPOs de s’exprimer publiquement sur un objet politique. Ce qui étonne aussi dans la motion mentionnée, c’est qu’une exonération fiscale est réglée par les cantons. Et le Conseil des États, donc les représentantes et représentants des cantons, y a consenti, donc en fait a court-circuité les cantons.

Justement à notre époque, où le populisme progresse de part et d’autre, précisément dans une telle période, les NPOs doivent afficher une position claire. Elles doivent montrer où la politique, par exemple en matière de droits humains, etc., ne travaille plus avec le soin nécessaire.

C’est pourquoi je suis personnellement fermement convaincue que les NPOs doivent dans tous les cas s’exprimer publiquement et surtout aussi se faire mieux entendre auprès des communes, des cantons et de la Confédération. Cela signifie : défendre avec force les intérêts que l’on représente. Or, justement, les NPOs n’en ont souvent pas l’habitude. Souvent, elles ne savent pas non plus comment s’adresser aux politiciennes et politiciens, comment entrer en contact avec les administrations ou comment attirer l’attention sur elles. Pourtant, c’est tout à fait central. Où en serait l’égalité aujourd’hui si, par exemple, les associations de femmes ne s’étaient pas engagées pour elle, où en serait la protection de l’enfance si l’on n’avait pas révélé des dysfonctionnements ? Où en serait la protection des animaux… La liste est longue.

C’est pourquoi il reste central que les NPOs défendent leurs intérêts, s’engagent, agissent, fassent du lobbying. Et comme nous l’avons reconnu, nous proposons aussi ici un soutien. La nouvelle offre Kampadvocacy soutient et conseille.

Rosmarie Quadranti, politicienne et conseillère

Les auteur·ice·s du blog expriment leur propre opinion.

Notre autrice
Rosmarie Quadranti connaît le fonctionnement politique en Suisse sur le bout des doigts, forte de sa longue expérience de politicienne et de parlementaire. Elle s’engage pour des causes politiques et des organisations d’utilité publique en Suisse et conseille des autorités, des présidences et des entreprises dans les domaines de l’éducation et de la culture. Chez Kampadvocacy, Rosmarie Quadranti dirige le lobbying, le travail en réseau et apporte son soutien pour les interventions politiques.
Rosmarie Quadranti
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